Tome 1 Chapitre 6

Publié le par Eledor

6

Voyage de recherche


 

 Elle accourut finalement chez lui. Avec ce soleil aveuglant, elle eu du mal à se repérer, la glace et la neige agissant comme des miroirs. Cette ville était magnifique, les maisons blanches, les gens chaleureux, des voyageurs y faisant halte. Lorsqu'il neigeait, la ville était silencieuse. Les flocons tombaient paisiblement sur le sol, recouvrant toute la ville d'une nouvelle couche de neige, qui s'amenuisera avec le temps et le vent.

 Ce jour là, le marché était silencieux. Certains habitants étaient encore accablés du meurtre ayant été commis il y a quelques jours. Un assassin rôdait peut être dans les parages, et personne n'était à l'abri. Un marché était un endroit beaucoup trop découvert.

 Elle arriva, à bout de souffle, devant la porte de la modeste maison. Elle voulut frapper, mais s'y résigna. « Pourquoi hésite tu ? Tu était pourtant décidée ». Mais que pouvait elle dire ? Pourquoi était elle venu ici, si elle n'avait rien à lui dire ? Elle resta plantée là pendant quelques instants. Lorsqu'elle se décida à frapper, elle entendit une voix :

 – Tu es là ?

 Elle recula de frayeur, avant d'apercevoir de son interlocuteur à sa gauche. Elle soupira de soulagement. Il devait être à la tombe derrière la maison il y à quelques instants. Tout deux se regardèrent pendant un bref instant.

 – Tu veux quelque chose ? lui demanda t elle.

 – Non … Enfin, je voulais juste …

 – Merci, l'interrompit il avec un sourire. Tu sais, pour le livre … Je ne suis pas habitué à lire, je ne suis donc pas doué pour en juger un mais… Je pense que tu devrais le donner à un scribe !

 Elle rougis jusqu'à la pointe de ses oreilles. Au fond, c'était une des raisons pour laquelle elle était venu le voir.

 – Jamais de la vie … répondit elle timidement. Mais, merci quand même !

 Il se dirigea vers la porte, l'ouvrit et regarda Dania.

 – Tu veux entrer ?

 Elle s'apprêta à refuser, mais elle acquiesça. L'intérieur de cette petite maison était banal. Un tapis rouge bordait tout le sol. Il y avait deux chaises et une table d'un bois foncé. Un escalier, à droite de l'entrée, menait à un étage supérieur. Tout était parfaitement rangé et normal, hormis une fenêtre cassée au fond, qui avait été barricadée par une planche de bois.

 – Je m'attendait à une maison en bazar, pensa t elle à voix haute.

 Noriel dévisagea quelques instants Dania, qui se rendait compte de sa bêtise. Il retint alors de rire.

 – C'est ma maison. J'y tiens, après tout, lança t il après s'être calmé.

 Dania avait honte. C'était tout se qui restait de ses souvenirs. Pourquoi avait elle lancé un propos pareil ? Noriel ne fut cependant point blessé ou embarrassé. Il s'assit sur une des chaises, tout en demandant à son invitée de faire de même. Il portait toujours ses gants noirs, ainsi que cette tenue de deuil.

 – Comment tu te sens ? demanda t il.

 – Se serait plutôt à moi de demander ça. Mes journées sont toutes les mêmes, sauf que j'ai à présent décidée de te voir de temps en temps.

 – Pour moi non plus, elle ne changent pas. Enfin, tu n'as pas à t'en faire pour moi. Tu m'a déjà remonté le moral.

 – Comment ça ?

 – Je devrais me remettre à lire.

 Dania comprit alors.

 – Se sont juste des histoires que j'ai inventées comme ça …

 – Alors, pourquoi tu me l'as envoyé ?

 Elle ne sut répondre. Ses joues étaient écarlates, rouge sur fond blanc. Noriel, lui, souriait. Comment arrivait il à être aussi calme et joyeux ?

 – J'y repenses, il fallait que je te parle de quelque chose, murmura t il.

 Son sourire disparu de son visage.

 – Cet … assassin, continua t il difficilement, est toujours en liberté. Je ne peux pas le laisser. Je dois y aller.

 Dania n'en crut pas sas oreilles. Il voulait partir ? Seul ? En quête d'unique vengeance ?

 – Non ! Pourquoi tu veux faire une chose pareille ? Tu ne vas que te blesser encore plus … Et tu n'es pas de taille face à lui.

 – Et moi qui croyais que tu serais partante, je me suis trompé, s'énerva t il. Je voulais que tu m'accompagne.

 – Pourquoi ? Tu ne te ferait que du mal …

 – Laisses tomber. J'irais tout seul dans ce cas. Je croyais que tu me comprenais.

 – Ce … ce n'est pas le cas. Je n'ai jamais perdu un proche, enfin je n'en ai pas le souvenir. J'étais trop jeune, mais je sais que la vengeance n'est pas la solution. Je ne te laisserais pas ! Que se sois par la parole… ou la force.

 Noriel, qui était énervé, se calma d'un coup. Il voyait trouble. Le sol semblait se dérober sous ses pieds. Il tomba sur le ventre, ayant du mal à respirer. Dania se précipita vers lui, inquiète. Son pouls ralentissait. Elle l'amena vers sa chambre, à l'étage. En revanche, celle-ci était en désordre. Les tiroirs arrachés, des vêtements à terre et une couverture froissée. Elle l'allongea, vérifia sa température. Il était brûlant. La fièvre était quasi impossible à attraper pour un Horaléide. Elle n'était en revanche pas mortelle. Le seul remède était le repos. Alors, elle s'arma de patience.


 

 La nuit arriva très vite. Dania ne se rendit pas compte qu'elle s'était endormie, la tête et les bras sur le lit « Dormir à coté d'un malade … Je suis folle décidément. » Noriel dormait toujours, mais il allait beaucoup mieux. C'était sans doute un coup de fatigue ; il ne devait pas dormir souvent depuis l'incident. Elle continua à s'occuper de lui, même si tout ce qu'elle pouvait faire était attendre. Malheureusement, elle se rendormi.

 Lorsqu'elle se réveilla, elle crut entendre un rire camouflé. Elle se releva rapidement, et vit Noriel assit sur son lit, essayant de ne pas rire.

 – Je suis confortable ? plaisanta t il.

 Dania masqua sa honte en lui envoyant son point à la figure. Le jour s'était levé. Il allait mieux, mais avait à présent mal au visage. Elle fut rassuré, voyant le visage de Noriel souriant comme à son habitude.

 – Tu vas mieux ? demanda t elle inquiète.

 – Non, je ne sens plus mon visage …

 – Parfais alors !

 Un gargouillement retenti dans la pièce. Dania cacha son fous rire, tandis que Noriel feignant de ne rien avoir remarqué.

 – C'est pour ça que tu t'es évanoui ? s'esclaffa t elle.

 Noriel fit non de la tête, ignorant la conversation. Il savait que ne rien manger pendant plusieurs jours ne le réussirait pas. Sous sa demande, Dania prépara alors un repas chaud, se qui lui parut bizarre à première vue.

 Devant ce plat, assit sur son lit, il resta pensif. Ces repas lui rappela encore des souvenirs. Des souvenirs qui, jusque là, lui paraissaient mauvais. Mais ils étaient ses souvenirs. Sans s'en rendre compte, une larme coula sur sa joue. Il l'essuya dès qu'il la remarqua, mais Dania l'avait vue. Elle ne voulait plus le voir dans cet état, mais elle ne savait pas pourquoi. Du moins, en partie. Elle commença à parler, un peut, puis encore. Sans le vouloir, elle passa l'après midi à entamer la discussion ; discussion qui n'avait de base pas lieu d'être. Ils rirent, se chamaillèrent et se consolaient ensemble. Ennemis un jour, amis un autre.

 – Dania, murmura Noriel tout à coup.

 – Oui ?

 – Pour tout à, l'heure, ou plutôt hier, je m'excuse… Je me suis énervé, pour rien. Et je …

 – J'accepte, l'interrompit elle.

 Il ne compris pas de suite.

 – Pardon ?

 – J'ai dis : j'accepte. Pour la proposition d'hier. Il vaut mieux que tu n'y ailles pas seul, car je sais que tu iras quand même.

 – Non ! C'est faux … J'allais justement te dire que j'y renonçais.

 – Je ne te crois pas, lança t elle. Et puis, cet assassin m'intrigue également. J'irais donc avec toi. Cependant, je garde mes propos : la vengeance n'est pas une solution. On iras juste se renseigner sur lui.

 – Comment pourrais-je rester calme comme ça …

 – Cela renforcera ta sagesse. Plutôt qu'essayer de le tuer, tu essaieras d'en apprendre plus sur son action, et qui il est. Un Eldar ne doit pas être influencé par la haine.

 Il pensa qu'elle avait raison. Mais il n'avait jamais pensé à devenir Eldar. Pour lui, c'était juste jouer au justicier et défendre une ville. Quelque chose d'inintéressant.

 – Un Eldar n'est pas seulement un garde, dit elle, comme si elle avait lut dans ses pensées. Il est aussi un mage guerrier, un patrouilleur, un espion, un … assassin. Enfin, c'est une personne ayant officiellement le droit de se battre, continua t elle les yeux brillants. Si il ne tue aucun innocent, il peut être considéré comme Eldar.

 – Cet homme … a tué une innocente. Pourquoi est il dans la nature ? Pourquoi ? s’apitoya t il, sans se rendre compte de la présence d'une nouvelle larme sur sa joue.

 – Il était assassin, cela fait exception. Il devait avoir un contrat, et cela ne l'empêche nullement de l'accomplir. Mais on ne sait justement rien de lui. C'est pour cela que je t'offre mon aide. Aller, calmes toi. La nuit vas tomber, il vaut mieux que tu te repose. Nous partirons cette nuit.

 Il crut voir sa mère devant lui. Encore un nouveau souvenir faisait surface. Difficile d'effacer cent trente ans de sa vie. Néanmoins, il s'endormit sur le coup. Dania prépara toutes les affaires pour le voyage. Des vivres, des vêtements – « J'en aurais bien besoin » – et surtout un parchemin. Pour elle, tout cela ne suffirait pas. Elle prépara alors d'autres affaires.


 


 

 Noriel se réveilla plus tard que prévu. Il descendit les escaliers en hâte, et constata que son retard était en fait un avancement. Dania n'avait pas encore fini de préparer le nécessaire de voyage. Elle était en sueur, en regardant partout autour d'elle se qui pourrait être utile. Un énorme paquet était en plein milieu de la pièce.

 – Ah, Noriel ! Regarde, j'ai tout préparé ! De la nourriture, des couverts, des vêtements – pour toi et moi – du papier pour écrire, des plumes d'écriture, de l'encre, des verres, des couverture, des allume-feux, une petite table, mes affaires … mais je cherche quelque chose… je ne sais plus ce que c'est !

 – Peut être la raison, se moqua t il. Nous n'avons pas besoin de tout ça ! Peut être toi, mais si tu emmènes tout, tu portes tout.

 – Voyons, laisser une pauvre fille porter tout ça ?

 – On emmènera pas ''tout ça''.

 Dania protesta longtemps, mais elle arriva finalement à la conclusion que tout emmener serait impossible. Elle dut se résigner à porter ses papiers, sa plume et son encre.

 Une fois dehors, ils durent se préparer à sortir de la ville. Seul les Eldars, ou les personnes escortées pouvaient sortir par l'entrée principale. Cette entrée était un escalier de glace, sculpté dans la parois qui entoure la ville. Mais sortir clandestinement n'était pas chose aisée. L'assassin avait dut entrer en se téléportant, comme il l'avait fait la nuit de l'assassina.

 Noriel remarqua qu'il avait encore le bras cassé. Il l'avait oublié. Cela n'était nullement un problème, vu qu'il se réparait vite. Il avait également trouvé la solution pour leur évasion. Eron était un Eldar, il pouvait les escorter en dehors de la ville, puis repartir. Ou rester avec eux, si ils arrivaient à le convaincre. Mais Noriel ne savait pas trop si il volait de sa compagnie.

 Il repensa à quelque chose. Eron était une tête de mule, et si il n'était pas d'accord pour leur plan, il le connaîtrait également, et se servirait de son autorité royale pour les empêcher de sortir. Après tant d'années à le connaître, il savait qu'il pouvait réussi malgré tout. Il en parla à Dania, qui fut tout aussi inquiète que lui. Mais elle suivi le jeune elfe dans sa démarche.


 


 

 La table de conseil était encore occupée. Les deux rois, ainsi que le doyen de Merilod : le conseiller. Eron devait assister à toute la réunion, mais cela l'ennuyait. « Pour devenir rois à l'avenir, tu devrait nous écouter parler. La politique est importante pour la sécurité du royaume » lui avait dit son père.

 Cependant, même si il savait que cette réunion ''diplomatique'' ne l'était pas vraiment, il ne se doutait pas que c'était à ce point là. Il ne faisaient que se chamailler, rigoler et surtout se saouler. Seul le conseiller essayait de rester calme et serein. Le feu au milieu de la table en cercle émettait une intense chaleur, qui réchauffa le jeune prince. En cent soixante ans, il n'avait jamais eu aussi froid de sa vie, et ce feu réussi à l'assoupir.

 Un fracas – encore un – le sorti de sa torpeur. Il profita de l'agitation pour sortir de la pièce, même si la chaleur lui manquerait. En sortant de la pièce, il reconnu deux personnes courant à perdre haleine dans le couloir. D'abord, la vision de Noriel et de la princesse côte à côte lui semblait impossible. Il rigola intérieurement, tout en saluant les deux coureurs.

 – Pourquoi être dans ce palais à cet heure tardive ? Pour la princesse, passe encore, mais toi ?

 – Eron ! J'ai quelque chose à te demander, clama Noriel.

 Eron écouta attentivement, et interrompit son amis d'un geste violent de la tête.

 – Hors de question. Je ne veux pas vous attirer d'ennui. À moi non plus d'ailleurs.

 Ils commencèrent à le supplier, pendant que Eron marchait dans le couloir pour sortir, mais il refusait catégoriquement. Soudain, quelque chose d'inattendu se produisis : Dania s'inclina devant le prince de Malvoron. Noriel préféra s'écarter de ce spectacle rare, lui qui s'apprêtait à frapper son amis. Elle le supplia une nouvelle fois, mais Eron ne répondit pas. Il réfléchit, puis posa quelques conditions.

 – J'accepte, mais vous devrez revenir avant trois mois. Je serais en ville dans cette période. Ensuite, une fois parti, je posterais vos candidatures pour les éliminatoires Eldar.

 Les deux elfes reçurent un coup sur la tête suite à ces mots.

 – Comment ?! cria Noriel d'une voix audible depuis l'entrée du château. Je ne veux pas devenir Eldar moi !

 – Et nous n'avons pas le niveau pour cela, Eron, susurra Dania.

 – À votre avis, pourquoi vous y ais-je envoyé trois mois ? continua le prince

 Ils connaissaient la réponse, mais Eron répondit avant.

 – En trois mois, vous pourrez vous entraîner. Revenez dans trois mois. Respectez cette règle.

 – Et si on ne la respecte pas ? demanda Dania.

 – L'autorité d'un prince ne doit pas être contestée, y compris par une princesse qui s'incline sans réfléchir.

 Dania sen rendit compte de son geste. Elle avait honte d'elle même, mais aussi de son acte. Une personne royale ne doit pas montrer sa soumission. Surtout devant l'autorité d'un pays voisin. En faisait cela, l'honneur de sa famille avait été salie.

 Pour Noriel, peut lui importait le sang royal. Son amis et rival de toujours l'avait défié, et il ne reculerait pas. D'un pas décidé, il sorti du palais, avec la princesse à bout de bras, et suivit Eron jusqu'à la sortie principale.


 

 La ville ne possédait pas de remparts ou de porte, ni de surveillance. Le simple fait de se trouver dans ce pays était mortel pour d'autres race. Les Magéides étaient les plus affectés, mais pouvaient se réchauffer avec leur magie. Même si Eron s'emmitouflait dans une tenue polaire épaisse.

 Eron montra sa rune aux gardes : elle était comme les autres, mais les lettres des autres magies y étaient présente, rouges feu, en minuscule, entourant la lettre principale. Symboles de touts les Eldars.

 Mais des sortes de trais sortaient du cercles, comme les représentations de rayons du soleil. C'était la signification que la personne était un Eldar de rang supérieur. Les gardes les laissèrent passer. Les marches étaient larges et longes, mais fines, permettant de faire passer des véhicules ou des chevaux. De cette manière, les vivres pouvaient entrer dans la ville sans problème.

 Une fois en haut des escaliers, Eron repartit sans un mot, laissant Dania et Noriel à leur sort. Ils commencèrent à marcher dans la plaine de Merilod, en s'éloignant la route, qui n'emmenait qu'à des villages. Un assassin ne se cacherait jamais là bas. La plaine était blanche, le ciel parsemé d'étoile. Ils décidèrent de s'établir dans un coins isolé, dans une forêt.

 La plaine se révéla plus grande que prévue. Leurs pas s'enfoncèrent dans la neige, se qui les ralentirent. La forêt, visible, ne semblait pas se rapprocher. Après plusieurs heures, ils s'installèrent dans cette neige, morts de fatigue. Ils creusèrent un petit cratère, pour s'y installer confortablement. Dania avait emmené des sacs de couchages et des couverture, se qui était une bonne initiative. Un feu ne servirait à rien, aucune créature viendrait les attaquer ici. Cela pourrait même les attirer. C'était cependant une erreur de jugement.

 Noriel dormait comme une souche. Aucun bruit n'était audible dans cette plaine, pas même le vent. Dania s'endormit alors sereinement. Le soleil pointait déjà l'horizon, lorsqu'ils furent réveillés brusquement par trois loups rôdant autour de leur campement. Noriel se prépara à lancer un enchantement, et Dania fit de même. Elle fut plus rapide, et envoya une stalactite de glace sur un des loups, qui le transperça. Un autre sauta vers Dania, qui l'évita rapidement, mais ne vit pas arriver le deuxième. La neige l'empêcha de bouger avec agilité, et elle tomba par terre. Noriel voulut aller à se rescousse, mais le dernier loups lui barra le chemin.

 Il n'en avait jamais vu. Ils étaient énormes, blancs et majestueux, mais surtout dangereux et imposants. Il se rappela son enchantement favoris, et enchaîna le loups sans difficulté. Mais la chaîne ne tiendrait pas longtemps. Il se jeta sur l'agresseur de Dania, qui vola à deux mètres. Il en profita pour l'enchaîner soigneusement, pendant que Dania s'occupait de l'autre. Une fois débarrassés de ses bêtes, ils se mirent en route vers la forêt.

 – C'était un sacré réveil, se plaignit Noriel. Il ne t'as pas blessée ?

 – Je vais bien, juste quelques éraflures au bras, affirma t elle.

 Rassuré, il marcha rapidement en tête. Ils se rendirent compte que leur voyage ne serait pas une partie de plaisir. Et, sans sous estimer ces bêtes, ce n'était que des loups. Si ils croisaient des Eldars ennemis, ils ne feraient pas long feu.

 Mais cette peur arriva également. Au bout du troisième jour de voyage rude dans la haute neige, ils étaient proche de la forêt. Noriel se prêta volontaire pour la surveillance, alors que Dania protesta.

 – Tu as besoin de repos, insista t il. Je suis habitué à marcher longtemps. Reposes toi.

 Malgré d'autres protestations, elle s'endormit. Noriel observa minutieusement les alentours. C'est alors qu'il repéra quelque chose dans la poche. Une lettre noire.

 – Eron ? Comment est-elle arrivée là ?

 « Je m'adresse à vous deux

 Vous êtes partis sans objectifs. Vous ne ferez que marcher sans rien trouver. La prochaine fois, réfléchissez à un lieux où se rendre, à moins que le mot enquête vous sois inconnu. Et ne vous rendez pas à la forêt, ni même à coté. Sinon, vous préférerez les bêtes sauvages à se qui vous attends. »

 Avant de pouvoir réfléchir, une main lui couvrit la bouche, et il vit trois personnes devant lui, et en entendit d'autres derrière lui, avec des bruits étouffés. « Dania ! » Se fut sa dernière pensée, avant d'être assommé.

 

 Eron rentra dans le palais, avec le conseiller à ses cotés. Il portait toujours son masque, et tapait au sol avec son bâton de bois blanc.

 – Donc, intervint le doyen, ils sont partis seuls ?

 – Oui. Vous me connaissez, je n'ai pas pu les en empêcher. Il a perdu sa mère, je connaît sa force de conviction lorsqu'il est prêt à tout.

 – Je vois, réfléchit longuement le vieil elfe, mais cela n'explique pas la raison pour laquelle tu ne les as pas accompagné.

 – Je ne pouvais pas, je dois rentrer d'ici peut. J'ai foi en Noriel, mais j'ai pris mes précautions : j'ai écris discrètement une lettre pour les prévenir du danger qui les attendait. Tardivement malheureusement.J'espère que cela suffira, maître.

 Le conseiller fut le maître d'Eron pendant son apprentissage de Eldar supérieur. Il n'y avait pas d'autre maître disponible, et celui-ci paraissait convenable pour un futur rois.

 – Très bien. Je m'occuperais de ta punition plus tard.

 Eron ne comprit pas, et recula de peut. Il connaissait la sévérité de son maître.

 – Je blaguais.

 Il connaissait aussi son sens pitoyable de l'humour. Une fois, il avait fait une blague sur la mort d'une personne. Mais il avait retiré ses paroles tout de suite après.

 – Maître, pourquoi ne pas envoyer quelqu'un pour les accompagner ? s'enquit le prince.

 – Je ne crois pas qu'il soit judicieux que quelqu'un soit au courant de tout cela, justifia le Conseiller. Mais, j'ai une idée.

 Eron attendait sa réponse avec impatience, avide des paroles du conseiller.

 – Je vais t'y envoyer ! décida l'ancien.

 – Décidément … vous ne comprenez rien maître.

 – Ne penses pas à voix haute, dit il en lui tapant le crâne avec son bâton. Tu n'auras pas besoin de retourner chez toi, je préfère que tu les accompagnes.

 – Mais …

 – Pas de protestations. Assurément, je ne prendrais pas les plaintes de ton père, tu t'en chargera. Tu n'auras qu'à faire porter le chapeau aux deux tourtereaux.

 Eron était accablé par cette logique incompréhensible. Mais il ne pouvait discuter les ordres d'un supérieur. Du moins, jusqu'à un certain point. Avant même d'avoir le temps de le saluer, le conseiller vit partir Eron dans un nuage de flamme. Il contempla par la fenêtre le soleil haut dans le ciel. Il était midi.

 

Dania eu du mal à ouvrir les yeux. Le soleil l'éblouissait. Elle ne se rappelait de rien. Petit à petit, les souvenirs remontaient dans sa tête. Elle se rappela la capture. Noriel se faisait assommer. Ensuite, le trous noir. Elle tourna la tête, et il était à coté d'elle, réveillé et attaché. Il parlait avec quelqu'un, dont il semblait n'avoir aucune sympathie. Celui-ci lui donna un coups, puis sembla reposer une question. Dania n'entendait quasiment rien. L'ouïe lui revint aussi avec le temps, exactement au moment où l'inconnu et Noriel remarquèrent qu'elle était réveillée. L'inconnu était une inconnue. Elle avais la peau brune, ou plutôt rougeâtre, avec des cheveux roux. Une Toréide, elfe des montagnes. Une rune était sur sa main, une rune Eldar couleur cendre. Elle n'émettait aucun éclat.

Tiens, on dirait que ta compagne s'est réveillée. Nous allons voir si elle répondra à ma question, menaça t elle d'une voix douce en se plaçant devant Dania. Que faisiez vous près de cette forêt, princesse ?

Elle connaissait son identité. Son visage n'était effectivement pas inconnu des autres nations.

Où … où somment nous ? demanda t elle d'une faible voix.

Elle reçut un coup de pied dans le ventre. Elle ne pouvait plus respirer, et n'émit aucun cris de douleur.

Arrêtes ! s'écria Noriel. Je ne t'ai dis que la vérité, nous recherchons juste quelqu'un !

Lui aussi reçut un coup, mais plus fort encore.

Je te repose la question, Dania de Caldria. Où vous rendiez-vous ? Réponds !

Je ne te dirais rien … rien de plus que ce que Noriel t'a dit, lança t elle après avoir reprit son souffle.

Noriel ? Étrange comme nom … Soit. Je vais devoir procéder à la manière forte. Sois vous m'avouez tout, soit je vous coupe un doigt chacun.

Noriel constata qu'il n'avait plus ses gants. Cela le rendait fous de rage, qu'une autre personne que lui touche les gants de sa défunte mère. Mais quelque chose l'inquiétait encore plus : la menace de cette femme.

Ne lui fait rien ! cria Noriel une nouvelle fois. Si tu la touche …

Si je la touche, que feras tu ? Tu es attaché par une lierre spéciale, qui bloque la magie. Nous ne faisons pas les choses à moitié. Si tu continue à crier, je lui couperais deux doigts.

On t'a dit toute la vérité ! Ne lui fais rien, supplia Dania.

Qui recherchez-vous ?

Un assassin, qui pourrait être à votre solde, qui sait ? tenta Noriel.

Cette femme était rapide. Elle se plaça derrière Dania, et lui saisi un doigt et plaça un poignard dessus. Noriel serra les dents, de rage. Dania, elle, ne bougeait plus. Elle attendait son sort. Mais une voix à l'extérieur de leur tente l'appela, se qui stoppa son action. Elle sorti alors de la tente, et commença à parler avec un homme, bien plus vieux qu'elle, un Orséide d'une musculature féroce. Ses dents inférieures proéminentes et sa peau verdâtre inspirait la peur. Il portait une armure de maille, et une longue lame sur le dos. De nombreuses cicatrices barraient son visage. Dania et Noriel écoutaient la conversation.

Cette petite est la princesse, Aelris. Si nous la gardons intacte, elle pourrait rapporter nous beaucoup. Ne lui fais rien. Cependant, fais la parler. Nous devons avoir des renseignement sur cet homme en noir. Il as déjà assassiné beaucoup de nos hommes.

Je le sais bien, Algorn. Ce Magéide est dangereux, mais nous l'aurons. Depuis la visite de ce soldat Uniéide, c'est devenu un enfer.

Interroges-les. N'hésite pas à torturer le garçon pour les faire parler. Une fois fini, tues-le.

Elle revint à la tente, un sourire satisfait aux lèvres.

Bien. Décrivez moi cet assassin.

Dania envoya un regard à Noriel. Lui seul savait à quoi il ressemblait. Pour lui, il était impossible d'oublier cette personne et sa description. Il se remémora toute cette nuit là. Lorsque l'assassin, s'enfuyait, lorsqu'il l'avait assommé, lorsqu'il serra sa mère ensanglantée dans ses bras. Ses yeux étaient brillants. Une larme s'apprêta à couler sur sa joue, lorsqu'un coup de la femme le ramena à la réalité.

Réponds.

C'est le même homme que vous recherchez, murmura t il. Un elfe en noir. Des yeux rouge, injectés de sang. N'est ce pas ?

La femme mis du temps à répondre. Cette personne correspondait exactement à la description.

Où l'as tu rencontré ?

En parler était dur pour lui, mais de là à raconter cela à une personne qu'il ne connaissait pas, qui plus est une ennemie, était pire que se faire couper un doigt. Il resta alors dans le silence. Aelris s'impatienta, se plaça derrière la poutre en bois à laquelle il était attaché, et lui saisi un doigt.

Tu es sur de ne pas vouloir parler ?

Dania, sous le choc, était immobile, horrifiée. Elle ne savait rien, et la supplier aggraverait la situation. Noriel, lui, s'était déjà cassé un bras, et ce n'était certainement pas moins douloureux qu'un doigt. Certes, son bras avait guéris vite, mais un doigt ne repousse pas. Mais sa voix était éteinte pour le moment. Aelris fit une entaille sur son doigt, qui enclencha un gémissement de douleur.

La prochaine fois, se sera tout. Tu tiens vraiment à le protéger ? Un assassin comme lui ? Il nous fait vivre un enfer depuis des semaines … Et tu pourrais sauver ta peau.

Menteuse ! s'écria t il.

Ses mots sortirent touts seuls. Le silence régnait dans ce petit abris. Aelris baissa les yeux, comme tristes. Mais elle se releva, en affichant son visage habituel.

Je te demande juste : où l'a tu croisé ?

Chez lui, interrompit Dania. Il était chez lui.

Bonne action de la part de la future reine. Tu devrais en prendre de la graine petit. Un homme doit savoir contrôler ses émotions, sinon il mourra. C'est d'autant plus vrais pour une femme, dit elle à Dania.

La discussion s'interrompit brusquement avec une explosion dans le campement. Aelris sorti en catastrophe de la tente, mais fut emportée par une boule de feu. Les homme du camps s'écroulaient tous, un par un, sous les coups d'un elfe. Il lançait habilement des flammes, en brûlant les tentes et la forêt. La neige fondait rapidement. Il était habile, et Noriel reconnu ces mouvements. Un sourire s'ouvrit sur son visage.

Dania devina de qui il s'agissait. Mais elle s'inquiéta lorsque la tente commença à brûler. Une toile enflammée manqua de tomber sur elle. Les flammes consumant les ennemis s'éteignirent une fois qu'ils étaient à terre. Ceux restant fuirent, et l'assaillant vint porter secours aux deux prisonniers. Il brûla leurs liens avec prudence, et les emmenas non loin du campement. Aelris se tenait devant lui, les vêtements brûlés. Elle fonça sur lui, mais il esquiva et lui frappa la nuque avec un tranchant de la main. Elle s'écroula sur le sol d'un bruit sourd. Eron regarda ses deux amis d'un regard sévère et rempli de reproche. Noriel tenta de calmer l'atmosphère.

Jolie performance ! Tu n'as pas rouillé depuis …

Tu ne changera jamais, coupa Eron avec un sourire. Cependant, vous vous êtes mis dans le pétrins.

Pardonne nous, Eron, supplia Dania. Nous ne savions pas pour la forêt …

Ce n'est nullement votre faute pour ça, rassura l'elfe. J'aurais du vous prévenir, mais j'ai préféré l'écrire en lettre. C'était stupide, mais pas autant que votre acte. Je l'ai écrit mot pour mot : avant de partir, il faut se renseigner sur l'endroit où voyager. Il en vas de même pour toutes les autres missions. Et pour rechercher quelqu'un, la pire chose à faire est de partir tête baissée.

Les deux se turent.

De plus, ce voyage ne mène à rien. Je vous renvoie chez vous.

Pardon ?! s'exclama Noriel. Tu nous permet de partir, et maintenant tu reviens nous reprendre ?

Oui car, contrairement à vous, j'ai réfléchis.

Et en quoi ce voyage n'a aucun sens ?

Noriel, murmura Dania, calmes toi …

Il était encore plus énervé que la nuit où il avait proposé son idée du voyage. Dania s'éloigna. Ses yeux étaient sans doute les même que la nuit du drame. Il s'approcha d'Eron avec l'intention de le frapper, mais il se retint.

Sache que j'ai dus affronter d'autres épreuves, pires que celles que tu affrontes en ce moment, reprit le prince.

Des épreuve comme celles là ?! l'interrompit Noriel.

Eron commençait à s'énerver. Il allait trop loin.

Tu ferais mieux de te calmer.

Sinon quoi ? Ne me dis pas que tu fais ça pour moi, pour me protéger ! Tu ne fais qu'interférer à chaque fois !

Noriel, tais toi … siffla Eron, contenant sa colère.

Finalement, je me demandes si tu aurait du mourir, ce jour là !

Cette fois, Eron ne put se retenir. Il fit voler son amis d'un coups de pied, en lui brûlant au passage un coté du bras. Il se calma aussitôt, et se précipita vers lui. À terre, son bras avait quelques cloques, mais rien de grave. Les Horaléides étaient si sensible au feu qu'un simple contact avait suffit à produire une brûlure visible. Il aida son amis à se relever, mais il refusa, encore offensé. Eron lui dit alors quelque chose à voix basse.

Je ne suis pas mort ce jour là. Tu sais bien pourquoi.

Noriel écarquilla les yeux, en hochant la tête, les larmes aux yeux. C'était un souvenir particulièrement amer pour lui, mais surtout pour son amis. Il avait essayé de l'effacer de sa mémoire, en vain.

Ai-je besoin de te rappelé ce qui c'est passé cette nuit là ?

Il secoua la tête, avec une larme coulant sur sa joue. Eron le remarqua, et regarda son amis avec un regard triste. Il lui tendis de nouveau le bras comme aide, que Noriel accepta de recevoir.

Allons, c'est du passé tout ça ! Je ne nourris aucune rancœur, tu le sais.

Essuyant ses larmes, il s'excusa auprès de son amis maintes et maintes fois. Le prince lui rendit ses gants, qu'il avait trouvé dans le camp de bandit. Dania, qui c'était rapprochée pour mieux comprendre ce qui se passait, fut remarquée par Eron. Elle recula, prête à recevoir un reproche. Mais il ne fit que sourire, en la serrant dans ses bras. Il lui murmura à l'oreille :

La prochaine fois qu'il essaye de partir comme ça, essaye de l'en empêcher coûte que coûte, lui murmura t il.

Il eu droit à un acquiescement de la part de la princesse, et il desserra son étreinte. Noriel ne bougeait toujours pas. Il voulait pleurer, mais il se retint. La personne qui aurait du pleurer, dans cette situation, n'était certainement pas lui.

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Eledor 04/05/2017 23:18

Chapitre bien plus long que d'habitude ! Ils seront tous comme ça normalement par la suite. Dsl pour les fote d'ortografe ! Ça arrive ^^ (le roman est terminé, il me reste plus qu'a le publier sur le blog en entier)