Tome 1 Chapitre 7

Publié le par Eledor

7

Le reflet de dieu

 

 Eron avait finalement changé d'avis. Plutôt que de rentrer à Caldria, ils rentrerait chez lui, mais avec les deux autres. Ils pourraient de cette façon enquêter sur cet assassin. Eron aiderait du mieux qu'il le pourrait. Noriel, lui, ne s'était pas remis de se qu'il avait dit à son amis la veille. S'étant encore laissé emporter, il avait dit des propos qu'ils n'avait jamais pensé et qu'il ne pensera jamais. Malgré que Eron ne lui en veuille pas le moins du monde, il ne pouvait pas se le pardonner, surtout quand son ami lui-même s'était excusé, alors que ce n'était point à lui de le faire. Le voyage continua avec un silence de mort. Dania n'osait plus parler, Eron était concentré et Noriel profondément désolé. Les trois sortirent enfin de la grande forêt enneigée, découvrant l'immense plaine de glace s'étendant devant eux.

 Un terrain plat, brillant de mille feux, reflétant comme un miroir les rayons du soleil. À l'origine, cette immense plateau de verglas était un lac. Il couvrait une bonne partie du pays. Maintenant, il ressemblait à un miroir pour géant – d'où son nom Reflet de Dieu – ou à une immense patinoire. Caldria devait être construite à cet endroit à l'origine. Dania ne pu s'empêcher de pousser un petit cri de bonheur, alors que Eron ne cachait pas sa grande déception sur son visage. Si il y a bien quelque chose qu'il détestait, c'était de glisser. Mais il tenta de faire bonne impression et fit le premier pas sur le Miroir, et glissa une fois le pied posé, et percuta le sol la tête la première. Il se massa la bosse sous les rires de ses deux compagnons, Noriel s'étant remis de sa déprime. Il n'était jamais du genre à désespérer longtemps.

 Dania filait sur la glace comme une enfant avec habileté, mettant une grande distance entre les deux autres. Noriel aida son ami avec difficulté, pour l'éviter de glisser pour la troisième fois, mais ils tombèrent finalement touts les deux. Seul Dania rigola cette fois, et elle continua sa route. Il venaient tout juste de commencer à marcher sur ce lac qu'ils prièrent pour que ce voyage se termine au plus vite. Lorsqu'il rentrait chez lui, Eron prenait un autre chemin. Cependant, ils n'avaient pas le choix, car depuis leur positions, le seul chemin vers le sud était sous leur pied. Faire demis-tour ne le gênerait gère, mais il avait commencé, il finira. Et puis, il s'était incrusté dans le voyage. La nuit tomba, pour le plus grand plaisir d'Eron. Le sol était dur, mais il était habitué à pire. Noriel et Dania parlèrent longtemps, et le jeune prince s'endormit comme une souche devant le feu rassurant, sous sa lourde tenue – qu'il mettait seulement la nuit à présent – et ses couvertures.

 Dania se porta volontaire pour l'entraîner à marcher sur cette glace. Il commença à comprendre les manœuvres, mais tomba tout de même une dizaine de fois ce jour là. Le troisième jour, ils firent une pause. Depuis leur positions, la Montagne Créatrice était encore plus visible qu'à n'importe quel endroit. Une très haute montagne, montant au-delà même du ciel d'après les légendes et aussi large que le lac qu'ils traversaient. Noriel en profita pour dormir, son activité favorite. Dania et Eron étaient seuls. Elle en profita pour lui poser quelques questions.

 – Comment était ton enfance ?

 – Par où commencer, réfléchi le Magéide tout en se grattant la tête. Je suis né à Mornenoir, une ville de Malvoron, vers les côtes de la mer tout au sud. Mes parents étaient partis en voyage pour je ne sais quelle raison. Ils ne gouvernaient pas encore le pays à cette époque. Il faut dire que quelques siècles sont passés depuis. Mon nom se transmettait de génération en génération aux aînés. Je suis Eron IV, et mon père Eron III. J'ai toujours trouvé cela trop hiérarchique, mais je n'y peux rien.

 « Une fois né, mes parents repartirent à Corinor, la capitale, en traversant le fleuve. Elle se situait comme tu le sais vers la frontière de Merilod, mais a reculée depuis. Le mont Cosmos se trouve dans la partie ouest du pays, mais la ville est plongée dans la cendre plus que toutes les autres à cause du vent. Certains habitants trouvent cela horrible et plein de calvaires, et d'autres y trouve un certains charme hormis pour certaines choses. Je suis de la deuxième catégorie.

 – Hormis pour certaines choses ? questionna son auditoire, qui l'écoutait attentivement.

 – La cendre pollue les eaux, dont le fleuve coupant Eledor, pollue l'air lorsqu'il y a des tempêtes et brûle les yeux. Je crois que c'est le pire. Cependant, la cendre fertilise la terre et permet à l'agriculture de se diversifier, proposant aux autres pays des produits exotiques, utiles pour les bénéfices. Les agriculteurs sont loin d'être pauvres. Ma sœur est née quand j'avais cinquante ans. Mais je préférerais ne pas en parler. Tout ce que je peux te dire, c'est que j'étais très attaché à elle, même si elle m'énervais quelquefois, admit-il en rigolant. Lorsque j'ai été pour la première fois en Merilod, s'était pour rencontrer mon maître, votre Conseiller. C'est là que j'ai rencontrer le paresseux là bas, dit il en désignant du doigt Noriel, se qui laissa échapper à Dania un petit rire. Il était plein de fougue et courait partout. Mais je ne l'ai pas rencontrer comme ça. Il s'était perdu un jour dans la plaine, et par chance je rentrais chez moi. J'ai eu de la chance de l'apercevoir dans la neige de nuit. Il était recroquevillé sur lui-même et pleurait à chaudes … ou plutôt à froides larmes.

 « Quelques minutes passées avec lui lui redonna son hyperactivité. Il rigolait, chantait, me défiait. Je l'ai même entraîner pendant un petit moment, avant d'atteindre Rolniry. Sa mère ne s'était pas inquiétée, elle savait qu'on le retrouverait. Mais elle s'angoissait les dernières heures. Ce n'était pas la première fois qu'il se perdait, mais bien la première aussi longtemps. Je revint le voir chaque mois, pour s'amuser, l'entraîner à combattre, ou parler avec sa mère. Elle était vraiment charmante, je devint un peut son ''journal intime'' ou son confident.

 – Tu sais à quoi ressemblait son père ?

 – Non, personne ne l'a connu, pas même les plus hautes autorités de Merilod, connaissant tout le monde. Ils soupçonnèrent même les hors-la-lois. Mais il était homme honnête, et était resté avec elle pendant un moment. Il a eu ensuite un grave accident, se qui poussa Mina à déménager, la grande capitale lui rappelant trop de souvenirs.

 – Je vois, murmura Dania. Alors, tu entraînait Noriel ?

 – Oui, et il n'a pas changer. Très impulsif et maladroit, paresseux, irresponsable et difficile. Mais il était surtout honnête, gentil, affectueux et sociable. Une tête de mule sans pareille, mais aidant beaucoup sa mère, avec plaisir, même si il ne l'avouait jamais.

 Dania lança un sourire à Noriel, qui dormait à poings fermés.

 Noriel sursauta, faisant peur à son amie. Il se releva d'un saut, regarda son amis, et lui demanda :

 – Tu as envoyé une lettre à ma mère avant que l'on déménage ? avait il demander, pressé de connaître la réponse. Eron mis du temps à répondre, encore sous le choc du réveil insensé.

 – Il me semble oui … mais pourquoi me demande tu cela ?

 – Je veux savoir, pardi ! Qu'y avait il de marquer ?

 Il était tout excité, comme à son habitude. Lui parler de sa mère lui faisait du mal au début, mais maintenant, cela le rassurait. Il s'assit devant son amis, pendant qu'il racontait le contenu de la lettre noire. Noriel buvait ses paroles, avec un sourire large, et Dania en fut heureuse. Cette vision était bien meilleure que celle d'y à trois jours.

 Noriel demanda également pourquoi Eron n'utilisait pas la téléportation pour traverser le lac gelé.

 – Elle ne marche jusqu'à une certaine distance. Et je ne peux transporter qu'une seule personne avec moi.

 – En quoi cela est une mauvaise chose ? ironisa Noriel. Elle peut avancer vite.

 Dania, qui préparait les affaires, fut surprise en se retournant de se retrouver toute seule. Elle se mit à trembler de peur, repensant à la capture des bandits. D'un geste tremblant, elle se releva, observa les alentours, et aperçut un point noir au loin. En se concentrant, elle reconnu un Elfe blanc et un Elfe gris qui semblaient la saluer. Son visage devint écarlate, elle prit toutes les affaires, et couru à une vitesse fulgurante vers ses deux amis. Les deux, ayant pris peur, glissèrent sans pouvoir se relever lorsque Dania arriva devant eux.

 Jamais ils n'avaient vu Dania en colère : c'était maintenant chose faite, et ils auraient préférés traverser la glace avec elle de bonne humeur. Ils glissaient, transportaient toutes les affaires, et se faisaient réprimander souvent. Elle marchait en tête, leur demandant d'aller plus vite avec un sourire sadique. Noriel se rappela aussitôt le comportement de la princesse les premiers jours de leur rencontre.

 

 Dans le palais de Caldria, tout se passait pour le mieux. Le rois n'avait pas beaucoup de travail, le conseiller méditait plus efficacement, et pour le plus grand bonheur des domestiques, la princesse était de voyage. Cent trente deux ans à supporter une petite fille espiègle, maline, courant de partout et à l'air hautain les avaient fatigués au plus haut point. Ils ne connaissaient pas Noriel – sauf les soldats, se rappelant l'exercice de magie avec Kola – mais ils auraient sans doute préféré ce garnement. Le conseiller pouvait lui aussi se consacrer à sa méditation. Une fois, Dania avait réussi à enlever son masque, une prouesse que même Eron n'avait jamais réussi pendant ses entraînements. La méditation était très importante, car elle permettait d'affiner sa magie. La méditation influait sur ses sentiments, son esprit, sois même et le monde qui l'entoure, ou même juste pour réfléchir. Il s'endort régulièrement ainsi, si ce n'est pas tout le temps.

 Il s'asseyait souvent en tailleur sur le sol du temple, ou perché sur son bâton sur un pied en haut du palais. Le conseiller avait, d'après les légendes, trois mille cinq cents ans. Il fut le premier elfe, et le seul, à avoir grimper en haut de la Montagne Créatrice, le plus haut mont du continent. Il lui donna ce nom là, mais jamais ne révéla ce qu'il y avait en haut de cette montagne. « Grimpez, et vous le saurez. Alors vous pourriez peut être me succéder ? ». Mais il ne cacha jamais son accident.

 Lorsqu'il atteignit le sommet de cette montagne, on le retrouva par chance en bas de celle-ci le lendemain. Il failli mourir, mais le premier né des Horaléide le soigna. Il ne parla pas pendant plusieurs années. Il resta cloîtrer dans une chambre, et n'en sortait juste pour prier. Il priait pendant des heures, avec une peur impressionnante. Le premier né savait de quoi il s'agissait, mais en garda le silence, par respect. Quelques uns on tenter de grimper la montagne, mais jamais n'y parvinrent, ou certains moururent. Rares sont ceux aujourd'hui à retenter l'expérience divine.

 Le rois était le troisième nés des Horaléides, le conseiller étant le deuxième. Il était devenu l'élève du premier, pour ensuite avoir le privilège d'avoir sa famille en tant que famille royale. En Eledor, chaque année se déroule l'élection royale dans chaque pays. Les habitants vote un oui ou non à la question suivante : « La famille royale actuelle est elle digne du créateur, assez pour vous gouverner et vous protéger, quel que soit les risquent ? ». Seul en Orsinam, la terre des Orséides, le non eu la majorité. La famille royale fut alors changée par un second vote. Si un rois ou une reine déshonore sa famille, celle ci se retrouve dénuées de ses fonctions royales, et une autres est choisie.

 

 Plusieurs jours passèrent, avant que la fin du grand lacs de glace soit visible. Touts les trois hurlèrent de joie, y compris Dania, fatiguée de la ressemblance à tout instant de cet endroit. Lorsqu'ils touchèrent la neige pour la première fois, même Eron aurait pus se rouler dedans. Ils étaient arrivés dans les collines de Mathias. De belles collines, rondes et lissent, formant de grosses bosses sur le plan de Merilod.

 – Ils ne nous reste plus qu'à traverser ces collines, arriver au village de Rolniry et nous arriveront à la frontière de Malvoron, expliqua Eron dans les moindre détails de la carte.

 Tous s'imaginèrent que Noriel aurait préféré éviter Rolniry, son village d'enfance, mais finalement, il était le plus pressé. Il avait changé, Dania l'avait remarqué. Il restait souvent près d'elle, la protégeait, l'aidait et l'accompagnait. Les seules fois où il s'éloignait un peut, c'était pour s'entraîner avec Eron lors des pauses, généralement en haut d'une des collines. L'éliminatoire pour les futurs Eldars étant inévitable pour eux, une conditions donnée à Eron. Ils méditaient aussi, entraînement nécessaire pour renforcer sa magie. Lorsqu'ils atteignirent le bout des collines, un flash blanc s'étendit devant eux.

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