Chapitre 9

Publié le par Eledor

9

La lettre rouge


 

 Lorsqu'ils découvrirent devant eux ce spectacle magnifique, ils ne purent qu'admirer. Leurs yeux mirent beaucoup de temps pour s'habituer à cette lumière aveuglante sortant d'on ne sais où. Une fois qu'ils purent apercevoir l'origine de tout ce blanc et apaisés leurs yeux, ils descendirent la colline bouche bée.

 Ils étaient devant une forêt. Mais, contrairement aux autres forêt, elle brillait. Elle était transparente, et ses feuilles étaient blanches. Les arbres étaient faits de glaces, les feuilles de neige. Elle était immobile, méditante ou dormante. Toujours sous le choc de se qu'ils vinrent de voir, ils se posèrent des questions. Noriel s'assit même sur le sol, devant l'entrée de la forêt. Il y avait un chemin tracé au sol, pour guider les voyageurs dans ce labyrinthe lumineux.

 – Pourquoi nous a t on caché ça ? demanda Dania aux deux autres. On devrait connaître tout ce pays, mais cette forêt m'est inconnue. Et pour vous ?

 – C'est pareil, avoua Eron. Lorsque je quitte Malvoron, je par vers l'est ou le milieu de Merilod, et non vers l'est comme nous. Je me demandait ce que c'était, sur la carte.

 – On me l'avait raconté quand j'étais petit ! se souvint Noriel. J'étais vraiment difficile pour m'endormir, alors on me racontait des histoire … ça peut paraître stupide, mais au moins ça me calmait.

 – Ce n'est pas stupide ! s'enquit Dania. Pour moi, c'était des histoires sur des licornes.

 Noriel rigola a plein poumons, mais s'arrêta lorsque Dania lui frappa la tête à deux reprises.

 – Je ne me suis pas moquée moi ! cria t elle.

 – Pour moi … c'était sur des bêtes mangeuses d'elfes, dit Eron.

 Touts deux le regardèrent, qui rigolait d'un rire sadique, montrant qu'il était d'humeur à plaisanter.

 – Blagues à part, continua t il, je constate que je n'ai pas froid dans cette forêt.

 – Tiens, c'est rare ça ! plaisanta Noriel.


 

 Après une petite heure de marche, à contempler ces arbres transparents et ses feuilles de neiges fragiles, il arrivèrent au bout de cette forêt. Ils l'avaient traversée par la largeur, et donc étaient arrivés vers une plaine d'herbes gelées rapidement. La neige s'était enfin enlevée ce mois ci. Eron et Noriel reconnurent l'endroit. C'était la première fois qu'ils s'étaient rencontrés. La neige de cette plaine disparaît en Mirent, pour revenir en Orilien. Ils purent enfin courir, pour atteindre rapidement leur destination.

 L'entrée de Rolniry était simple : un chemin, et une petite arche. Le nom du village était effacé dessus, et donc marqué plus tard sur un panneau à coté. Les premières maisons étaient banales, petite et généralement faites de chaume. Les habitants profitaient de l'air frais sur l'herbe gelée, avec généralement une pipe ou un balais. Certains reconnurent Noriel. Ils étaient tous au courant de l'incident produit à Caldria, mais n'en parlèrent pas. Ils connaissaient tous Noriel par cœur, et cela était réciproque pour lui. Parler de cela était inutile, hormis rappeler des mauvais souvenirs. Certains ressassaient le bon temps de la jeunesse, d'autres les catastrophes causées par le jeune elfe. Ils se reposèrent dans une taverne, et commandèrent trois boissons différentes.

 Noriel n'eut pas la peine de demander, il fut servit directement : un jus de Frandorils, une baie très appréciée des jeunes en Merilod. Dania commanda une Joras, un alcool fort fait avec de la Frandorils. Elle taquina Noriel de ses goûts d'enfant. Eron commanda un Hatmlnu, une boisson inconnue des deux autres. La serveuse connaissait cependant toutes les boissons d'Eledor. Elle posa devant lui une boisson violette, avec des sortes de nuages blancs mobiles à l'intérieur.

 Il la fit goûter à Dania avec un sourire caché, et pour cause : elle failli tout recracher, le goût étant extrêmement fort. Toute sa mâchoire était en feux, tout comme sa gorge.

 – Et c'est moi qui ai des goûts d'enfant ? se moqua gentiment Noriel.

 – C'est fait avec du jus d'organe de Twarg, les insectes géants de Malvoron, mentit Eron.

 Elle sortit dehors pour se rafraîchir les idées, Noriel retenant un fous rire. La boisson était en faite un alcool de fruit de cendre, mélanger avec un peut de lait. Le lait agis bizarrement avec l'Hatmlnu, créant un petit nuage blanc.


 

 Après une nuit entière passée dans une auberge, ils reprirent leurs route. En chemin, ils croisèrent l'ancienne maison de Noriel. Celui-ci fit une halte pour pouvoir y entrer, peut être la dernière fois de sa vie.

 Elle était tristement vide, les fenêtres fermées. Aucuns meubles, aucun bruit. Le noir régnait en maître dans ce vestige d'un passé proche. Noriel n'éprouvait pas de tristesse, mais plutôt de la nostalgie. Il scruta touts les recoin de la maison. Il monta l'escalier pour se diriger vers son ancienne chambre. Il se rappela la fois où il était tombé de l'escalier, avant de partir définitivement. L'une des nombreuse fois, comme l'indiquaient les nombreuses marques sur les marches. Il redescendit l'escalier, mais un doute l'assailli.

 Il retourna dans sa chambre. « Décidément, je divague beaucoup en ce moment. » Mais il aperçût une tache rouge entre deux parquet du sol. Il se pencha pour mieux voir. Une feuille … non, une lettre peut être ? Il ramassa la lettre rouge. Son cœur n'était plus contrôlable. Il faisait un brut assourdissant. Il ouvrit lentement la lettre.

 « Noriel

 Tu me connaît.Normalement, tu ne reviendra jamais à Rolniry avant l'assassina. Je n'ai pas choisi la couleur de cette lettre au hasard, et je suis sur qu'elle te rappelle quelque chose. Je n'ai pas non plus besoin de préciser qui je suis. Passons. Je ne t'expliquerait pas pourquoi j'ai fait cela, tu devra le deviner par toi-même en me trouvant. Tu as pu remarquer que j'étais un Magéide. Mais tu ne me trouvera pas en Malvoron, ce ne serait pas très discret. J'aime les plages ou les cotes. Si tu veux me retrouver, fait le, mais en cherchant un peut. J'ai un certain but à atteindre, et ce but n'est certainement pas de te tuer. Mais fait attention quand même en face de moi. Je n'aurait pas peur d'un minot, alors que je n'ai eu aucune pitié pour une femme sans défense. Sur ce, je te souhaite bonne route, et ne déchire pas ce papier. Tes amis à la porte de cette maison pourrons peut être t'aider.

 Mes condoléances, Nigareth. »

 La colère ne cessai de s'amplifier. Il tenait dans ces mains un papier, un simple bout de papier, mais qui décelait une part du mystère de l'assassina.

 Il sortit calmement de la maison, son dernier patrimoine familial, et accompagna ses amis en dehors du village. Une fois en dehors, il tendit la lettre à Eron, pendant que les larmes commençaient à faire briller ses yeux.

 – C'est de lui ?

 – Oui … murmura Noriel.

 – Je vois … ça ne te dérange pas que je la lise à voix haute ? Pour que Dania puisse écouter.

 – Vas y, lui assura Noriel au bord des larmes.

 – Comme tu veux.

 Pendant qu'il lisait, en marchant, Dania resta aux cotés de Noriel, tout en écoutant le contenu de la lettre. Les mots qu'employait l'assassin lui faisaient froid dans le dos. Ils étaient sans compassions.

 – Rien de rassurant, termina Eron.

 – Pourquoi avoir écrit … ça ? lui demanda Dania.

 – Je ne sais pas … tout d'abord, il avait prédis que Noriel se rendrait à Rolniry, ou viendrait le chercher, et accompagné. Il avait tout prévu. Mais ce n'est pas tout. Il tient absolument à ce que Noriel le trouve. Il lui donne des indices, mais cache tout de même des informations. Il dit aussi qu'il n'hésiterait pas à tuer Noriel une fois en face de lui, même si cela n'est pas son but. Il essaye aussi de le troubler en marquant des propos blessant. Mais deux choses m'intriquent.

 Noriel, lui aussi, l'écoutait avec intérêt. Il avait levé la tête.

 – Il dit « Mes condoléances ». je ne pense pas que se soit un propos moqueur. Il doit y avoir une certaine signification.

 – Il connaissait ma mère ?

 – Je pense en effet, confirma Eron. Comment as tu deviné ?

 – Je ne sais pas … et je viens de me rappeler de quelque chose. Cette luit là. IL me regardait avec un regard triste.

 – Et la deuxième chose qui t'intrigue, Eron ? Son nom ? demanda Dania.

 – Exact. Quel est l'utilité de le donner ? Tandis qu'il me rappelle quelque chose … Nigareth … c'était le fils de l'ancien conseiller Morvain, de Malvoron. Mais il est mort, et même si il aurait survécu, il serait vieux. Tu nous avais dit qu'il était un peut plus vieux que toi d'après tes observations ?

 – Oui. Mais … je ne comprend plus rien …

 Après cette lecture difficile, ils se couchèrent sur l'herbe fraîche. Dania observa la lune. Elle était presque ronde, mais diffusait une lumière intense, qui se reflétait sur la forêt de glace visible des kilomètres plus loin. Elle remarqua qu'aucuns des deux autres ne dormaient. Ils regardaient également l'astre au dessus d'eux. Elle s'endormit sans s'en rendre compte. Du haut d'un rocher, un homme en noir les observait.

 

 Des jours passèrent, mais Malvoron restait toujours aussi lointaine. L'herbe à leur pied était cependant moins gelée, laissant apparaître des nuances de vert derrière le blanc. Au loin, ils distinguaient une tour à l'aspect effrayant et surnaturel, comme une colonne grise de fumée et de cendre. Qu'une seule chose en ce monde pouvait créé quelque chose d'aussi sinistre.

 – Le volcan Cosmos, connu pour être le plus gros d'Eledor parmi touts ceux de Malvoron, expliqua Eron. Il était éteint pendant des siècles mais se réveilla il y a des lustres de cela. Mes parents n'étaient pas nés à cette époque. Il envoya des pluies de cendre sur tout Malvoron. La terre en était imprégnée, les rivières et la mer se sont polluées, la chaleur en était insupportable. Le soleil disparu, ne laissant que des pantes fanées. Mais comme je te l'ai déjà dit Dania, on a trouvé un moyen pour faire pousser les légumes et élever des animaux. Ils ressemblent plus à des insectes, mais on s'y attache.

 – À coté de ça, Merilod est un paradis, pensa Noriel à voix haute.

 – Un enfer tu veux dire ! s'empressa de répondre le prince. Vous connaissez un endroit aussi mort que celui-là ?

 Sous un rire général du groupe, il ne remarquèrent pas que leurs pieds se trouvaient sous la cendre. Eron le remarqua, un sourire aux lèvres. Noriel et Dania, portant pourtant des chaussures, ressentirent l'étrange chaleur sous leurs pieds. Eron les força à avancer. En quelques heures, ils franchirent la frontière.

 – Malvoron, enfin !

 – Je veux rentrer, dirent les deux autres d'une même voix, commençant à transpirer.

 Ils avaient enlevée leurs surplus de vêtement. La sueur coulait sur leur fronts, leurs yeux étaient troubles. Leurs gourdes se vidèrent en un instant, avalées. Eron, lui, avait enfin cessé de se réchauffé avec la magie. Il respirait à plein poumon, mais une grosse quinte de toux lui firent comprendre qu'il ne referait plus jamais ça. L'air étant cendreux et chaud, les poumons avaient du mal à s'y habituer. Les deux Horaléides ne voulaient plus avancer, sous peine de s'évanouir. Ils s'arrêtèrent dans une taverne du coin, dans un petit village. De là, Corinor était bien visible.

 Une fois réveillés et réhydratés, ils repartirent dans cette plaine de cendre et d'herbes séchées. La cendre qui imprégnait l'air brûlait les yeux et se collait à la peau.

 – C'est sur, Merilod surpasse beaucoup de pays en matière de beautés. Vous n'êtes pas habitués à ce pays, mais il a son charme. J'y ai grandi toute ma vie, et cette cendre fais en quelque sorte partie de moi. C'est ma terre natale.

 – Je veux mourir, répondit Noriel.

 – Il ne fait pas si chaud, soupira Eron. Vous n'êtes pas habitués.

 – Merilod n'est pas si froide, c'est toi qu'y n'y est pas habitué, répondit Dania.

 – Tu connaît une plante qui peut pousser sur une terre gelée ? Au moins ici, il y en a.

 – Je veux mourir, répéta Noriel.

 – Si tu répète encore ça, je vais vraiment te tuer ! s'énerva amicalement Eron.

 Un homme habillé d'une tenue en foulard et d'une armure – sûrement pour se protéger de la cendre – arriva devant Eron. Il le salua, et lui tendis une lettre noire, marquée d'une rune. L'homme reparti aussi vite qu'il était venu. La vue trouble, les deux autres ne remarquèrent rien. Lorsqu'il ouvrit la lettre, un sentiment d'oppression l'assailli. Il la referma après l'avoir lu, attrapa ses deux compagnon et les flammes commencèrent à les entourer.

 

 Dania étouffa un cris de peur, mais se calma ensuite. Elle rouvrit les yeux lentement. Ils étaient arrivés à l'entrée d'une grande ville, entourée d'une immense muraille épaisse et haute. L'entrée de la ville était un chemin en dessous de la muraille après une pente. Ils marchèrent, un peut, passant en dessous des pointes d'une grille de fer. Ayant dépassé la muraille, Dania remarqua qu'ils ne remontèrent pas une petite cote, après avoir descendu la pente. Eron expliqua que à l'extérieur de la muraille, ils marchaient sur une énorme couche de cendre, et qu'a l'intérieur de la ville, la cendre n'était présente que sur quelques centimètres. On apercevait à quelques moments des dalles de la routes lorsque la couche de cendre était très fine.

 Cette ville avait la particularité d'avoir les maisons serrées entres elles, laissant des chemins de seulement quatre ou cinq mètres de long. De cette façon, la cendre qui passait au dessus de la muraille avait peut de chance de tomber sur les routes. Les habitants étaient presque tous enfermés dans leurs maisons. Les rares personnes en dehors de leurs maisons étaient soit des gardes, soit des enfants ou des passants silencieux.

 Noriel avançait, ne pensant plus à rien. Il était comme somnambule. Les yeux mis-clos, la main tenue par Dania, faisant en sorte d'éviter les murs. Eron marchait vite et droit en ignorant les plaintes de Dania derrière lui, et arriva finalement devant un énorme bâtiment en pierre. Les autres maisons étaient sûrement faites d'argiles, mais vu la matière de ce bâtiment, Dania devina que c'était le palais royal. Eron y entra. Il expliqua à Dania que la lettre venait du conseiller Albram. Il devait s'y rendre au plus vite.

 Une fois la grande porte passée, il entrèrent directement dans une cour. Un garde les intercepta, mais reconnurent Eron. Ils aidèrent Dania à porter Noriel, inconscient. Eron s'adressa à Dania.

 – Je préfère que tu vienne avec moi. Une fois dans la pièce où je m'apprête à entrer, tu ne dirait rien. Je parlerait.

 Elle acquiesça, et ils entrèrent dans une autres pièce vers la droite. La porte avait une gravure représentant une rune de feu. Eron plaça sa main dessus, prononça Kerm, signifiant Ouverture, et la rune disparut. Il entra, Dania à ses pieds. Un homme barbu dormait sur une table. Eron se posta devant la table, et resta immobile, lançant un regard à Dania.

 « Je ne dis rien, j'ai compris » pensa t elle. Eron avait un visage incertain, voir peureux. Ils attendirent un bon moment, et le conseiller se réveilla, s'étira, et regarda les deux visiteur. Il mit du temps avant de comprendre se qui se passait. Il se leva, se posta devant Eron, et lui frappa le crâne.

 – Tu as ramené une inconnue dans cette pièce ? gronda t il.

 Eron encaissa le coup. Il savait qu'il n'aurait pas du en temps normal, mais dans cette situation, il ne pouvait pas la laisser sans surveillance. C'est ce qu'il lui expliqua.

 – Tu aurais pu la laisser sous la surveillance d'un Eldar.

 – Vous êtes un Eldar, monsieur, déclara Eron près à recevoir un autre coup.

 – Quel est ce danger si important pour m'embêter avec une gamine ?

 Pendant que Eron expliquait toute l'affaire de Nigareth, Dania était vexée. Se faire traiter de gamine alors qu'elle était la princesse de Merilod ne l'enchantait pas vraiment. Alors, Eron expliqua quelque chose que Dania ignorait.

 – Pendant une nuit, cet homme nous observait depuis les hauteurs, annonça t il en lançant un regard ordonnant à Dania de se taire. Je pense qu'elle est en danger, étant le princesse de ce royaume. N'importe quel ennemis voudrait voir sa tête mise à prix.

 Dania failli avaler sa langue. Il aurait pu lui en faire part avant.

 – Je vois, murmura Albram. Si cela est si urgent, je peux bien la protéger.

 – Pardon ? s'indigna t elle, ne pouvant se taire plus longtemps.

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Commenter cet article

Eledor 13/05/2017 15:34

(Petit changement de logo au passage)
Chapitre pas très glorieux, mais je me suis rattrapé ^^