Tome 1 Chapitre 8

Publié le par Eledor

8

Tanael


 

 L'orage arrivait lentement. Les vagues frappaient violemment la cote, laissant des nuages d'écume dans l'air. Tana, depuis sa fenêtre, regardait ce spectacle désolant. Du haut de sa tour, elle voyait presque tout le contour de l'île. Elle s'ennuyait en ce moment, l'avancement de ces armées étant lent. Orsinam était très résistante, mais elle lui appartiendrait bientôt. Elle appela un domestique pour parler. Lorsque celui-ci entra dans la pièce, il n'osa même pas la regarder. Il marcha lentement vers elle, la tête baissée.

 – Tu peux me regarder ne face, lui reprocha Tana.

 Le domestique, encore douteux, leva doucement la tête. Tana était redoutée dans tout le continent, et dans sa citée, personne n'osait parler d'elle. Si un domestique se présente devant elle, elle ne devait pas être étonnée de voir cette réaction. Mais cela l'ennuyait. Sa vie ne consistait qu'a travailler avec des personnes trouillardes, qui n'osaient pas lui répondre. Le domestique qu'elle appela était un homme, vêtu d'une tenue simple et sa peau était dorée. Ses poignets étaient rouges, une marques des fer l'ayant sans doute emprisonnés. Ces soldats employaient comme domestiques les prisonniers. Étant un Uniéide, il devait être contre les idées de Tana pour avoir été emprisonnés. Elle avait donné l'ordre d'arrêter ces habitants qui étaient troublant, mais pas de les d'emprisonner.

 – Qui t'as fait ça ? demanda t elle d'une vois douce, pour ne pas l'effrayer. Tu peux me répondre, ne t'inquiète pas.

 – Je … Je ne sais pas … majestés …

 Confinant sa colère, elle demanda au domestique de lui ramener le commandant qui l'avait réduis dans cet état. Quelques minutes plus tard, il arriva dans le bureau la tête baissée. Elle lui ordonna d'un geste du doigt de la redresser. Ses yeux étaient craintifs. Il avait sûrement raison cette fois là. Le visage de la reine inspirait la colère, que seules les personnes qui ne sont plus de ce monde avaient aperçus.

 – On m'a raconté que tu emprisonnais des habitants pour en faire des domestiques. Est-ce vrais ?

 – Ma reine … dit il d'une vois tremblante. Il prononçait des insultes a votre égard, alors je …

 Une décharge électrique se déversa dans son corps, ce qui l'obligea à s'allonger à terre. Il contenait ses cris de douleur, pendant que Tana, l'autrice de cet acte, avançait vers lui.

 – Je n'ai demander que d'arrêter les personnes qui troublaient la populations, et de les relâcher ensuite. C'est juste un acte de rappel, pour éviter que la situation ne déborde plus qu'elle ne l'est a l'heure actuelle. Tu as tachés mon … non, notre honneur. En es-tu conscient ?

 Il ne répondait pas, terrorisé, et toujours à terre. Tana leva son bras au dessus de Gorial, et un éclair violet sorti de sa main, le tuant sur le coup. Elle demanda à un autre domestique de débarrasser son bureau du cadavre. Elle le rassura en lui disant que c'était un criminel, ce qui était vrais pour elle. Elle libéra l'ancien domestique qui avait subis les tortures de Gorial. « Ce n'était pas un domestique mais un esclave … je devrais enquêter la dessus. Ça va m'occuper. »

 Une heure plus tard, marchant dans un couloir, elle croisa un garçon de cent cinquante ans environs : Harlan, son conseiller et neveu. Il était l'un des seuls à la regarder dans les yeux, comme son égal, ce qui plaisait à Tana. Il était son élève préféré – les autres ayant péris – et le plus puissant. Le deuxième Eldar le plus puissant de son empire Uniéides malgré son très jeune âge.

 Cet empire est l'armée de Tanael, l'île des Uniéides. Il a été fondé par Ren, le père de Tana et deuxième rois de Tanael. Il avait pour but de dominer ce monde, pour remplacer l'ancien empire. Les Yaméides s'étaient rapidement alliés à eux après la chute de l'empire Ayléide. L'armée de Ren essayait fermement de posséder Orsinam, mais les Orséides étaient résistants et très forts. Elle hésitait à se rendre sur place directement, confiant ses charges de travail à Harlan. Mais il était trop jeune et déjà surchargé de travail. Elle veillait sur lui de près, étant instable. Il était comme son fils, après que son frère, le père du jeune Uniéide, mourut sous les coups d'un Orséide. Il avait été exécuté sous les yeux de Tana, ce qui renforça sa haine pour les ''races imparfaites''.

 – Comment te sens-tu ? demanda t elle.

 – Ça va aujourd'hui, assura t il avec un soupir. Les dossiers des exécutés est remplis.

 – Combien y en avait il ?

 – Environ quatre cents Magéides, deux cent trente Toréides mais seulement soixante Orséides. Le dossier était très long à remplir, mais j'ai fini il y à deux heures.

 – Tu aurais du m'en donner quelques uns ! s'exclama t elle. Mais toujours aucuns Moaréides ?

 – Non … nous n'arrivons pas à passer Orsinam, qui sépare Yalmart et Thun-Fral, soupira Harlan. Mais nous avons accès à la Terre Maudite. Aucune race n'ose traverser ce grand pays. Ils pensent que les fantômes Ayléides y rodent.

 – Je pense que nos soldats seront contre ce voyage. Moi-même, je n'ai aucune preuve que ces fantômes n'existent pas. Mais pourquoi parler de cette terre ?

 – J'ai peut être un plan , mais il me faudra beaucoup de temps, dit il d'un sourire malicieux.

 Tana, confiante, le salua et continua sa route. Elle arriva après une longue marche dans les cachots. Elle en traversa des centaines, et remarqua plusieurs condamnés de Gorial. Elle les libéra, sous les yeux étonnés des gardiens, qui s'abstenaient cependant de faire ne serait-ce une remarque.

 Lorsqu'elle termina de tous les libérer, un soldat couru vers elle, haletant. Il s'arrêta, respirant à peine. Il la regardait dans les yeux, sans crainte. Tana en fut heureuse, mais elle savait que cela cachait quelque chose d'anormal pour un tel changement.

 – Venez voir ! Vite !

 – Qu'y a t il ?

 – Je ne sais pas, mais c'est très étrange ! Vite !

 Il courut sans s'arrêter, pendant que Tana le suivait. Il y avait longtemps qu'une telle urgence ne se soit interposée, si urgente qu'elle en était informée elle même. Une fois arrivé devant une grande cellule, il s'effondra épuisé. Tana regarda le contenu de la cellule. Elle y découvrit un enfant. Un jeune elfe, d'une race qu'elle ne saurait reconnaître avec l'obscurité des cachots. N'osant pas demander au pauvre essoufflé à terre, elle préféra utiliser la magie. Une sphère électrique se matérialisa dans sa main, créant une intense lumière violette. Elle laissa échapper un gémissement de stupeur en voyant à quelle race appartenait cet inconnu. Une peur et une colère déforma ses yeux. Harlan arriva plus tard devant la cellule, ayant été prévenu également.

 Touts deux regardait l'enfant, respirant paisiblement en dormant. Il ne ressemblait à aucune race de ce monde connut, sauf pour Tana. Lorsque Harlan demanda ''ce que c'était'', elle n'osa pas répondre. Elle l'emmena dans on bureau. Elle lui fit pars de ses craintes. Harlan tout aussi perturbé, n'ouvrit la bouche qu'à la fin.

 – Mais alors, ils …

 – Oui. Je pense que ton idée de traverser la Terre Maudite pourrait ce faire, conclu t elle. Mais on n'enverra qu'une seule personnes. Ou deux, tout au plus. Quel est ton idée ?

 Il expliqua calmement ses intentions, et Tana accepta. Il était temps que l'armée fondée par son père ne soit plus inutile. Harlan partit de la pièce quelques temps plus tard, ayant d'autres dossiers urgents à remplir. Tana s'inquiétait qu'un enfant si jeune prenne la place des conseillers, généralement très âgés. Dans le couloir, il croisa son oncle, Liros. Un homme grand, de forte et imposante aura. Par dessus sa tenue noire flottait au vent une écharpe dorée. Il ne regarda même pas son neveu en passant dans le couloir. Il était le général de guerre, et très proche de sa sœur Tana. Il refusait catégoriquement que quelqu'un sois au dessus de lui, hormis sa sœur, et détestait par conséquent Harlan, un conseiller étant bien plus haut placé qu'un général de guerre, et par dessus tout un gamin.

 Il tua un nombre insensé d'ennemis. Il était l'Eldar le plus puissant, sans compter Harlan et Tana. D'un seul mouvement de bras, la foudre tombait du ciel et frappait ses ennemis, lui donnant comme surnom ''Fils de Magus'', le dieu de la magie, du savoir et du ciel, vénéré par les Uniéides. Il se dirigea vers l'escalier central de la tour, monta et entra sans frapper dans le bureau de Tana. C'était un moyen d'imposer son importance et surtout de se faire reconnaître dès qu'il passait la porte. Tana regardait par la fenêtre les immenses vagues. Un spectacle désolant et monotone. Il s'assit à coté d'elle et commença à lui parler.

 – Quel est cette chose dans les cachots ? Tana, tu me caches quelque chose.

 – …

 – Répond ! s'énerva t il d'une voix forte.

 Il respectait sa sœur par dessus tout, mais ne la supportait pas.

 – Mes mots manqueraient pour pouvoir répondre à ta question. Ne lui fait rien, et ne vas pas le voir.

 Il cassa la table à ses cotés, et parti en faisant trembler l'air sur son passage. Tana ne l'avait pas regarder une seule fois. Elle connaissait son frère, trop, et ne lui rapportait que les informations utiles à l'armée. Le garçon aux cachots la troublait cependant, alors elle décida alors d'en savoir plus sur lui.

 Elle demanda à ce que les cachots soit entièrement vidés de gardiens pour ce soir là. Elle voulait être seule avec lui. Il dormait encore, avec une petite blessure à la nuque. Les soldats l'ayant capturés l'avaient sans doute assommés de cette façon. Elle se renseigna sur la raison de sa présence. Lorsque trois soldats étaient à la frontière séparant Orsinam et la Terre Maudite, ils trouvèrent ce garçon perdu. Il demanda son chemin, mais fut capturé. Tana ne saurait dire si cela était un bon choix, mais pour l'instant elle ne souhaitait que parler avec lui. Elle entra dans la cellule, ferma derrière elle, et attendit qu'il se éveille. Elle ne devait pas le brusquer.

 Il ne mit pas longtemps avant d'émerger. Ses yeux s'ouvrirent, noirs et brillants. Sa peau était mauve, ses cheveux bleus. Il cligna plusieurs fois les yeux, se les frotta, et regarda Tana. Elle avait préparé à l'avance des mots réconfortant pour éviter qui ne prenne peur, mais cela avait été inutile. Il la regarda, sans étonnement. Tana était la seule étonnée ici. Elle se ressaisi alors, et commença à lui parler. Il mit du temps avant de pouvoir la comprendre.

 – Répond moi jeune elfe. Comment t'appelles tu ?

 – Je … m'appelle Neor … bégaya t il.

 Tana lui souris de satisfaction.

 – D'où viens tu ?

 – Hervaska.

 À ces mots, les craintes de Tana deviennes réalités. Son ''chez lui'' était Hervaska, la Terre Maudite. Mais elle cacha sa peur, et continua.

 – Comment tu t'es perdu ? On m'a raconté que tu recherchais ton chemin.

 – Oui … il faut que je rentre.

 Tana afficha cette fois un air triste. Il ne prenait pas conscience qu'il était emprisonné et loin de chez lui.

 – Tu devras rester ici avant un moment, lui dit elle. Tu es loin de chez toi, mais dehors c'est trop dangereux pour toi.

 Dans un sens, c'était vrais. Une larme coula sur la joue du petit, puis une autre, et il commença un sanglot. Tana, compatissant à sa peine, le serra affectueusement dans ses bras. Elle le serra fort, ce qui semblait le calmer. Elle ne pensait pas pouvoir faire ça un jour, car il était l'un des pires ennemis de sa nation, mais il était surtout un enfant. Lorsqu'il fut calmé, il reprit :

 – Je dois rentrer … Ils m'attendent !

 – Ta famille attendra sans crainte. Nous les préviendront.

 Ce mensonge était malheureusement nécessaire, car elle ne savait pas comment il réagirait en apprenant qu'il était prisonnier. Le visage de l'elfe parut songeur un moment, incertain de ce qui allait se passer. Mais il s'adossa sur le mur, les yeux ouvert. Il la regarda, en attendant d'autres questions.

 – Tu … es un Ayléide, n'est ce pas ?

 Son visage, devenu sereins, fut déformé par l'étonnement le plus total. Il se rapprocha d'un bond.

 – Tu … sais ce que je suis ?

 Elle acquiesça, satisfaite que son résonnement soit le bon. Mais elle n'aurait jamais pu imaginer la suite. Le jeune Ayléide se rassi, immobile. Ses yeux inspirait une joie rusée, et sourire malicieux couvrit son visage d'enfant. Il regarda Tana dans ses yeux perçants, innocent il y a peut.

 – Tu as deviné … rigola t il. Je pensait pouvoir vous troubler en traversant vos terres, mais je ne pensait pas que la fille de Ren se présenterait devant moi.

 Après un regard d'étonnement, Tana lui répondit.

 – Je vois .. tu es un espion. Tu revêt une forme d'enfant ?

 – Quelle forme ? demanda t il amusé, en matérialisant dans le creux de sa main une flamme blanche.

 

 

 Harlan, très concentré par l'écriture, fut perturbé par un tremblement léger. Il venait du cachot. En temps normal, il n'y serait point allé, les autres soldats s'y rendraient. Mais Tana était toute seule. Ils se leva, et parti en direction du sous-sol de la tour.

 Quelques cellules étaient abîmées, les détenus de ces cellules étaient à terre évanouis dont un sous le pied de Tana, et un jeune garçon effondré à terre devant elle. Quelques légères blessures s'étaient formées sur son corps.

 – Tana ! Que c'est il passé ? demanda Harlan étonné.

 – Ce petit était un espion Ayléide. Nos craintes étaient fondées. Il a essayé de m'attaquer. Je dois dire qu'il est puissant, il a réussi à faire exploser quelques cellules avec un seul petit sort. J'ai réussi à le neutraliser, et immobiliser les évadés.

 Impressionné par tout cela, il applaudi légèrement avec amusement, avant d'attacher les prisonnier dans une autre grande cellule. L'Ayléide fut emmené dans la salle d'interrogatoire, accompagné de Tana, Harlan et de l'impulsif Liros qui avait insisté. Une fois attaché fermement avec un sceau magique maintenu par Harlan, il fut réveillé avec un éclair de Liros.

 – Calme toi ! s'énerva Harlan. Ce n'est qu'un enfant, et il ne faut pas le tuer !

 – Ne me donne pas d'ordre !

 Tana les rappela à l'ordre d'un regard. Lorsque ces deux là étaient dans la même pièce, la situation était incontrôlable. Mais pour qu'il soient dans la même pièce, c'est que la situation l'exigeait, et c'est ce que Tana leur reprochait. L'Ayléide se réveilla après, un sourire au lèvre, toutefois moins marquant que dans sa cellule. La situation actuelle ne l'arrangeait pas.

 – Vous voulez m'interroger ? Soit ! Que voulez-vous savoir ?

 Intrigué par la confiance de cet enfant, Liros était méfiant.

 – Où habite tu ? Précisément, où habitez-vous ? demanda Tana.

 – Dans la Citée de Lumière, répondit Neor.

 – Impossible, justifia Harlan. Hervaska n'est plus habitée depuis l'ultime sort de votre premier né, tenté vainement pour tuer Ren. Le pays fut maudit depuis. La ville est détruite, et aucun habitant n'a survécu. Il a éteint votre espèce. Du moins, c'est ce que l'on croyait …

 – En effet, c'est ce que vous croyez, lança Neor. Notre race est loin d'être aussi simple que ça à battre, et l'Empire n'a jamais été vaincu.

 À ces mots, Tana frappa Neor. Il mentait, elle en était sure.

 – Dis nous la vérité.

 – Je ne fais que dévoiler des faits réels. Je ne vous savait pas aussi instable, Uniéides.

 Cette fois ci, ce fut Liros qui le frappa, avec beaucoup moins de gentillesse. Neor haletait, le sourire disparu de son visage. Harlan, lui, était concentré pour maintenir le sceau.

 – Révèle nous ta véritable apparence, insista Liros.

 – Quelle apparence ? répondit Neor une fois de plus. Je ne revêt que mon apparence d'origine. J'ai cent ans le mois prochains.

 – Pourquoi on ils envoyez un enfant comme lui nous espionner ?

 – Personne n'était d'accord. Je parvins cependant à convaincre le rois pour partir.

 – Quel rois ? demanda Tana.

 – Le même qu'autrefois et de toujours : Trass, mon père et premier né des Ayléides.

 Tana ne cacha pas on étonnement. Elle était pourtant sure que Ren avait réussi à tuer Trass, avant qu'il lance dans un dernier soupir son sort qui détruisit le pays d'Hervaska.

 – Les premiers nés ne peuvent pas avoir d'enfant, s'étonna Harlan.

 – Je dis cela au sens figuratif. Je suis on élève, celui qui portera plus tard la couronne de l'empire.

 Comment un enfant pourrait diriger un tel empire ? Harlan pensa alors à son poste de conseiller, qu'il avait reçut tôt, mais ce n'était rien comparé à ça.

 – Et le pays d'Hervaska ? Pourquoi y a t il une telle malédiction qui plane autour ?

 – Quelle malédiction ?

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Eledor 10/05/2017 16:31

Waw ! On est chez les grand méchant !
Un des chapitres que j'ai le plus adoré écrire. Encore désolé pour les fautes d'orthographes, je ne le dirais jamais assez .....
Bonne lecture ! (si vous lisez)